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  • Photo du rédacteurArthur Baudon Vernet

Éloge de l’abandon.

Répéter un mouvement

pour qu’il devienne un geste.

Au départ, l’esprit ordonne au corps

de répéter le texte, de rejouer la note,

de refaire le mouvement,

et à force de répétition, un automatisme a surgi.

Sans y penser, le pinceau est devenu

une extension de la main,

l’archer fait partie du bras du violoniste,

le viseur de l’appareil photographique,

le seul cadrage possible du monde.

Le mouvement est devenu geste.

L’esprit peut s’en aller, le corps sait

ce qu’il a à faire, sans contrôle, sans intention.

« L’abandon » peut advenir,

le « vrai » lâcher prise dans l’action.

Une absence de main mise de l’esprit ou du corps,

alors un « truc » nouveau peut advenir

dans la composition du tableau,

le déroulement de la partition,

le trait du dessin, l’assemblage des mots du texte,

l’expérience du scientifique, le service du tennisman,

la prise d’aïkido, la façon de dévaler la pente

neigeuse ou la vague de l’océan.

Un truc totalement inédit

peut se passer pour le commun des mortels,

un truc totalement dingue

quand il s’agit d’un génie.

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