top of page

Le florilège du Flore.

  • Photo du rédacteur: Arthur Baudon Vernet
    Arthur Baudon Vernet
  • 4 oct. 2024
  • 2 min de lecture

Les serveurs, tous joliment habillés en pingouin,

dansent sur la banquise du Flore.

Ils observent tout autant qu’ils le sont

avec une discrétion extrême,

sans jamais croiser le regard

de celui de la clientèle cosmopolite qu’accueille

cet endroit toujours mythique,

sauf lors de la commande et de l’addition.

Les touristes s’enfilent des soupes à l’oignon

dès 9h00 du matin, grâce ou à cause

des recommandations du guide touristique

le plus prestigieux de leur pays d'origine.

Des « influenceuses » se rêvent

en autant de Marylin, coiffées, manucurées,

décorées pour se filmer en train

d’engouffrer un croissant tout en entier,

à s'en décrocher la mâchoire, au sens propre,

ou de diffuser des images avec un cadrage soigné du pot,

de la tasse, ou de n’importe quel appareillage,

à condition d'être estampillé de l’étiquette du dit café,

l’étiquette prévalant sur le contenu. (cf H. Bergson).

Certains habitués, passent leur commande

avec ce ton totalement parisien,

et parlent fort avec leur rendez-vous, cependant,

leur agilité verbale peine à masquer le vide

contenu dans cette suite de banalités

débitée à très grande vitesse.

Il ne s’agit pas d’une conversation,

seulement de deux joueurs

qui font des balles contre un mur,

pleinement satisfait quand ce qu’ils ont envoyé

revient avec une apparente vivacité.

Aucune porosité entre ces deux esprits

pourtant vifs, mais dont le sens

les a abandonnés depuis longtemps.

Il s’agit par la seule description de leurs activités,

des noms cités, et surtout des anecdotes

glissées entre deux phrases,

de laisser sous-entendre une complicité,

voire d’une amitié avec les sus cité.

Alors dans l’œil de l’autre, on distingue

qu’il n’est qu’un ramasseur de balles

et celui qui a envoyé y trouve le sourire du vainqueur.

Il y a aussi, les amoureux, les provinciaux

et bien d’autres sans compter le personnel

lui-même qui font que ce lieu traverse

les années sans anicroches,

revêtu de cette patine irremplaçable

et sans prix, du temps qui dure.

Bienvenu à Paris.

 
 
 

Posts récents

Voir tout
L’habit de lumière

Ne rien attendre n’est pas être résigné, mais devenir acceptation. Se laisser transpercer plutôt que de vouloir prendre. Porter suffisamment son attention pour laisser advenir l’émerveillement. Ecout

 
 
 
Le garçon coiffeur.

L’oiseau se pose sur la branche pensant qu’elle est solide et sure. Toutes les branches cassées, il sait bien que sont ses ailes qui le sauveront.. Le cancre qui n’en est pas un fait rire les autres

 
 
 
Chacune de nos rencontres en est une.

La jalousie démontre l’égocentrisme de celui qui l’éprouve. Il ne supporte pas que son amour soit regardé par un autre que lui-même. Pourtant, si l’on aime vraiment, on donne sans attendre de recevoir

 
 
 

Commentaires


© 2023 par L'Artefact. Créé avec Arthur design

Arthur Baudon Vernet
auteur, artiste, philosophie, photographie, poesie, ecriture, ecrivain français
Montpellier, Occitanie, France, arthurbaudonvernet

 

bottom of page