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La lettre du rétroviseur.

  • Photo du rédacteur: Arthur Baudon Vernet
    Arthur Baudon Vernet
  • 16 mai 2021
  • 1 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 mai 2021

C’est un problème de perception du temps.

Jeune, rien ne va jamais assez vite,

les plus vieux que soi représentent tout à la fois,

un idéal à atteindre et un obstacle à franchir.

Jeune adulte, nous pensons

et espérons suivre certains ainés

comme mentor ou/et bien prendre leur place.

Dans les deux cas, ils sont encore là.

Soudain plus vieux, pas encore vraiment conscient,

notre esprit, mais surtout notre corps,

par de légers détails

nous rappelle notre âge véritable.

Petit à petit, plus les rappels se multiplient,

plus nous commençons à regarder dans le rétroviseur.

Plus vieux encore, l’espace-temps

dans le reflet du petit rectangle

nous parait bien plus grand que celui

que nous voyons à travers le vaste pare-brise

dorénavant incapable de regarder au-delà

de ce mur de verre.

Pourtant cela n’a rien avoir avec la vue, mais avec

notre conception du temps

et surtout du nôtre, ce bref moment

qu’est la durée de notre vie, depuis son début.


PS:

Certains, sans âge vraiment définis, n'utilisent jamais

le rétroviseur et se sont même débarrassés

du pare-brise pour regarder la route

et le paysage sans écran.

Parfois, pendant un instant, ils ferment aussi les yeux

pour mieux percevoir la caresse de l'air

sur la peau de leur visage

pour vraiment se rendre compte

qu'ils sont bien vivants.

 
 
 

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Arthur Baudon Vernet
auteur, artiste, philosophie, photographie, poesie, ecriture, ecrivain français
Montpellier, Occitanie, France, arthurbaudonvernet

 

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