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  • Photo du rédacteurArthur Baudon Vernet

What else ?

Je parle clair, regarde droit devant et j’avance.

Je chemine sans ne rien vouloir atteindre,

puisque tout est contenu dans le chemin.

Être disponible à ce qui m’entoure,

qu’il s’agisse de ce qui est proche de mon corps

comme de ce qui nourrit mon esprit.

Être le plus attentif possible

sans intention de prendre ou de profiter.

Être attentif pour être attentif

car l’intensité de la vie, alors, augmente.

La sensation de vivre monte d’un cran,

comme quand on appuie sur l’accélérateur

et que l’on roule un tout petit trop vite

pour la route qui défile sous les roues

et que le cœur palpite plus rapidement.

Curieusement, je vois beaucoup plus

de détails dans le paysage,

comme cette buse en haut d’un arbre

ou ce parterre rose de fleurs sauvages

qui se détache sur le fond bien vert du fossé.

Mes pensées aussi filent plus vite

et font des liens entre elles,

sans que je n’intervienne, et ces liens

tissent une vision plus fine et plus globale du monde.

Pourtant, je ne suis pas fou,

ni sous l’emprise de quelques substances.

Sans le vouloir vraiment, je m’interstice entre deux réels,

celui qui m’entoure et celui que je pense,

alors, j’entrevois une autre réalité

que l’on ne peut pas voir avec ses yeux,

ni toucher avec ses mains.

Un pas de côté est nécessaire, une capacité à se laisser

transpercer pour ensuite transcrire

et partager ce que l’on a perçu.

C’est ce que je fais en arrangeant

des mots et en photographiant.

Dans les deux cas, ce qui est révélé et toujours plus grand

que je ne l’imaginais.

C’est aussi très joyeux, très intense et puissant.

Comparable à la jouissance sexuelle,

l’impression d’être totalement moi-même

et pleinement vivant

dans cet abandon complice avec l’autre.

Là, c’est avec le monde.

 

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