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  • Photo du rédacteurArthur Baudon Vernet

L’horizontal et le vertical

Un jour dans la rue, levant la tête vers la devanture

le C, le O et le I sont devenus un « COI »,

et le F, F , E ,U, R un « FFEUR »,

et les deux ont sonné un « COIFFEUR » !

Il ne s’agissait plus de signes indépendants,

mais de lettres tissant un lien entre elles

pour me dessiner un mot

et illuminer mon esprit.

Il y aura un avant et un après.

« Je sais lire ».

Mon univers s’ouvre sur un nouveau monde,

une exploration s’impose avec

la soif de connaitre le plus de mots possible,

puisque chaque nouveau mot

est une nouvelle couleur,

une porte qui s’ouvre,

un pas dans un inconnu

qui devient rapidement familier,

c’est le monde des mots,

Plus on en voit, moins on a besoin de la réalité réelle.

En convoquant les mots

on peint l’univers que l’on veut.

Ces mots-étiquettes deviennent tellement

nombreux que leur ombre va

jusqu’à rendre opaque la réalité.

Le mot « table » désigne une table,

mais si vous êtes nés en Suède, au Sénégal,

en Inde, au Japon ou à Paris,

ou encore dans une ferme, dans un château,

sur une ile du Pacifique ou de la Méditerranée,

l’image mentale qu’évoque

le mot « table » ne sera pas de même nature.

Alors, pensez donc pour des mots comme,

identité, liberté, mariage, mort, religion, dieu ?

Impossible que ces mots désignent le même signifiant.

Ils sont des étiquettes bien pratique pour communiquer,

mais avec une grande marge d’interprétation.

Chaque enfant se lance dans une course aux mots,

à chaque mot nouveau, son univers s’agrandit,

il élargit son champ de connaissance,

mais toujours avec le même filtre.

Alors on plonge sous un mot-étiquette

pour approfondir son sens

et sous chaque étiquette on découvre

un nombre insoupçonné de signifiants

en fonction d’où on les regarde.

Leur sens apparait bien plus riche,

et curieusement, plus on plonge,

plus les étiquettes deviennent transparentes

car plus la réalité nous apparait.

Cette plongée dans les profondeurs

révèle une vérité complexe,

bien plus vaste qu’on ne l’aurait imaginé.

Le réel sans étiquettes nécessite la connaissance

de l’interprétation du regard de tous.

Ceux qui parlent plusieurs langues touchent

du doigt cet enrichissement,

ils utilisent des mots de l’une ou l’autre

en fonction des sujets.

Nous sommes comme des arbres

figés dans l’univers observant le monde

à partir de notre point de vue.

Planté dans une forêt, le monde est forêt,

dans une prairie, le monde est prairie,

citadin dans un parc le monde est urbain.

Nous ne croyons que ce que nous voyons.

Nous sommes des arbres qui marchent

avec leurs racines sous le bras

se deplacant dans le monde

avec leur point de vue persuadés

d’être ouvert au monde,

alors que nous ne voyons que ce nous croyons.

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