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  • Photo du rédacteurArthur Baudon Vernet

la danse.

Dernière mise à jour : 5 juin 2020

Juste essayer de l’écouter, l’entendre, sentir sa respiration, ses halètements, ses soupirs.

Au début on prête attention à la technique, on prend un recul pensant que c’est mécanique.

C’est tellement bon, beau de sentir que plus on y participe vraiment, plus elle s’abandonne

pendant qu’elle ferme les yeux et qu’elle gémit délicatement

en ondulant parfois de façon spasmodique, on y croit.

C’est bien sur quand on a pas souhaité quoique soit, qu’on s’est soit même

abandonné, emporté par le tourbillon des sens, sans chercher, sans vouloir

juste en étant. L’autre aussi est. C’est une communion, un abandon mutuel

sans rien savoir. Juste en vivant, en étant totalement là, sans soucis de rien.

C’est une complicité totale de deux corps, deux épidermes, deux cœurs

deux sexes pendant quelques instants. Puis ce sourire comme si elle venait

de prendre entre ses lèvres une fraise avec un nuage de chantilly et un soupçon de sucre.

Elle passe de cet abandon puissant à ce sourire naïf, frais et léger, énigmatique.

Il faut s’en contenter, elle vient de se donner sans retenue, c’est déjà cadeau.

Alors si en plus c’était vrai ! Jamais, jamais on ne le saura avec certitude et c’est bien là qu’elle nous tient.

Nous on a peut-être plus besoin de certitude qu’elle. C’est pour ça que dans le fond, c’est elle la plus forte.

Elle sait, elle. Elle n’a aucunement besoin de l’affirmer, de le crier sur tous les toits, elle sait, c’est tout.

Nous, nous sommes toujours en demande, elles non. Et si c’était là le plaisir de s’être soi même abandonné à l’autre

et avoir par cet abandon même entrainé l’abandon de l’autre et réciproquement comme une danse ou finalement

on ne sait plus qui entraine qui mais en tout cas, on est bien deux à danser, ça on en est sûr.


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