• Arthur Baudon Vernet

La danse du noir.

Dernière mise à jour : 25 juin 2021

Un reptile ?

Un serpent avec une carapace ?

Un boa en pleine digestion ?

En tout cas c’est noir, ça se meut au sol.

Il y a trop de tension pour que ce soit un invertébré.

C’est fluide, mais la tension est trop forte.

Il doit y avoir une ossature rigide sur laquelle les muscles trouvent un point d’appui

pour se tendre juste au-delà de leur maximum.

La reptation s’accélère parfois, la « chose » pivote sur elle-même s’agrandi, se repli, s’étire, s’écartèle.

Il est difficile de se faire une idée de sa taille précise.

Est-ce la « chose » qui bouge ou le sol qui se joue d’elle ?

Le tout est harmonieux.

Imposant à ceux qui osent la regarder, une grande puissance souple dont on ignore d’où provient l’énergie d’origine.

La musique change.

Deux moignons, puis deux bras, un corps, deux jambes s’extraient d’une membrane noire

sans forme dont elle se débarrasse.

Un corps humain tout de noir se dresse et danse manifestant dorénavant sa puissance originelle dans la verticalité.

Ce corps en tension entre deux abîmes manifeste la vie, la sienne aussi.

La tension du début fait place à une envolée, comme si la « chose » du début expérimentait l’équilibre instable

d’être debout et non plus couchée.

Cette nouvelle sensation lui procure du plaisir, ça se sent.

La musique change et le plaisir se mue petit à petit en joie.

Le corps se débarrasse alors de ses habits noirs, il ne s’agit pas d’un effeuillage,

il s’agit d’enlever la dernière peau qui cache encore le corps à vif juste en dessous.

Les doigts des mains apparaissent, les jambes et leurs pieds, le corps,

puis le masque tombe dévoilant un visage que seule la joie peut faire rayonner de la sorte.


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