• Arthur Baudon Vernet

La rencontre.

Dernière mise à jour : 17 juil. 2020

Il est 5h du matin

J’ai prévu de me lever, le réveil lui, a obéit bêtement, il m’a réveillé.

C’est tôt 5 h du mat, mais bon j’avais prévu, j’avais décidé, je vais pas me recouché.

C’est tellement agréable, cette légère chaleur enveloppante des draps, juste chaud. Quand j’en sors, c’est frais.

Hop, j’y retourne, c’est chaud, pas trop. C’est confortable aussi, chaque membre de mon corps a marqué de son empreinte le matelas qui l’épouse parfaitement, allez je me rendors… Mon œil gauche s’ouvre d’un coup, le droit toujours endormi , un rayon laser de conscience traverse mon hémisphère droit pour illuminer les étoiles éteintes de mon cerveau.

Ce feu d’artifice cérébral va se diffuser dans chacune de mes cellules, du coup, l’œil droit apparait nu lui aussi.

Je me lève, court presque.

L’autre, il ne m’attendra pas !

Je sors, un reste de nuit humide, il pleut de la pluie molle, il bruine.

Je démarre la voiture et les essuie glaces, puis les phares.

C’est parti, mes organes en pilotes automatiques jusqu’à présent commencent à prendre conscience, et moi avec, de ce que je fais. La taille des gouttes augmente, leur vitesse s’intensifie. Merde, il fait vraiment pas beau.

L’hémisphère droit commence à penser bon : « C’’est foutu, il vaut mieux rentrer, le lit est encore chaud, non ? » L’hémisphère gauche, abrutit de sommeil, perçoit des sons déformés comme quand on parle sous l’eau. Il arrive quand même à décoder, met ses neurones en ordre avec les cellules gliales. Ensemble, ils sont d’une efficacité redoutable.

Moi au milieu je ne peux qu’acquiescer. Mes deux yeux maintenant coordonnées assurent une vision équilibrée de la route flotteuse sur laquelle la voiture glisse.

L’avant-gout du réveil du soleil devrait éclaircir les nuages, mais ils sont trop nombreux et épais pour lui laisser la moindre chance, plus j’avance plus c’est sombre, parfois noir.

Ca y est, j’ai atteint la route, un grand chemin, on ne s’y croise qu’avec attention,

ça tourne , c’est une petite montagne sur laquelle je roule.

Tout est noir, humide. Le frais est passé au froid, je lance le chauffage.

Les deux hémisphères continuent à discuter entre eux , je préfère ne pas participer.

Les virages s’enchainent, soudain une diffusion de lumière comme un voile de soie blanche éclairé par une bougie.

Le virage suivant, je ralentis. La pluie a disparu, je suis dans un morceau de coton épais et pourtant tellement léger, les phares de la voiture se réfléchissent dans son opacité pour m’éblouir presque.

Le virage suivant apparait comme une illusion, les brumes blanches se sont évaporés, seulement le bleu du ciel teinté du doré de l’aurore.

« Tu es à l’heure, il n’est pas encore là, » pensent pour moi les deux autres, enfin d’accord.

Plus les virages se succèdent, plus je ralentis, c’est tellement inattendu, tellement beau.

Incongru. Je suis au-dessus du brouillard, dans une voiture, au-dessus d’un voile laiteux

qui a envahi la vallée. J’arrive au sommet stoppe la voiture et sors.

La température de la nuit est là, mais on perçois déjà la chaleur du soleil levant.

La lumière de l’astre lumineux se diffuse maintenant partout dans la masse des nuages , comme des millions de lampions proposant une luminosité tamisée. Toute cette eau sous forme de vapeur qui se déplace comme des vagues au ralentit, contrariées par tel ou tel pic ou rocher pour les contourner lentement au gré de la vitesse des vents.

L’épaisse brume anesthésie les bruits, seuls certains sons arrivent à percer son plafond. le bruit du train sur les rails est clair mais diffus, on ne peut pas identifier où il est vraiment, on sait qu’il est là quelque part en dessous.

Le soleil commence à percer d’abord délicatement, l'aube comme une veilleuse alerte de l'arrivée plus frénétique de l'aurore, les chants des oiseaux, d'abord murmures, excités par ce courant lumineux vont troubler le paisible de la nuit.

La mer de vapeurs de gazes maintenant rosit, calme pour finir par s' agiter avec ce trop plein de lumière.

Et moi, au-dessus, comme un capitaine de bateau sur mon rocher immobile, les vagues de brumes se heurtant à mes flancs vraiment insubmersible. La beauté indicible d’être au-dessus des nuages, les pieds au sol.

Un vulgaire rampant parfois debout, soudainement connecté ente la terre et le ciel caressant un instant, une part du divin.



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