• Arthur Baudon Vernet

Le sel du caviar

Une femme n’est pas un homme

et le contraire non plus

Comme toujours ,

chacun est attiré par ce qu’il n’a pas.

« Désirer de ce que l’on a déjà»,

est une étape tout en haut de la montagne

presque au-dessus des nuages.

Mais quand on est dans la vallée

on veut aller voir ce qu’il a derrière la colline, forcement !

Quand un homme regarde une femme,

il voit ce qu’il n’aura jamais.

Une façon de se déplacer, de se tenir, de montrer du doigt,

de tourner la tête, de sourire, de se recoiffer,

de s’assoir, de se lever, évidemment de s’habiller

et de se déshabiller aussi.

Des courbes aussi,

celle de sa nuque quand elle attache ses cheveux,

l'arrondi de son sourcil quand elle sourit,

la façon dont ses cheveux enveloppent

sa tête avec tout ce qu'il y a de précieux à l'intérieur.

Des sons aussi.

La sonorité de sa voix,

sa façon d’allonger certains mots,

d’en raccourcir d’autres,

d’en souligner d’autres pour être sure

qu’on les a bien entendus et surtout compris,

puis sa façon de rire et de montrer ses dents

en enroulant ses lèvres pour agrandir ses yeux.

Les odeurs et parfums sont aussi différents,

pourquoi nous envoutent-ils à ce point ?

L’épiderme n’est pas le même,

un grain de peau comme du caviar,

à la fois doux et craquant,

quand la peau est allée se baigner dans la mer

et que le soleil a balayé l’eau

pour n’y laisser qu’un fin voile de sel.

Non, vraiment, il fallait allez voir derrière la colline,

la montagne attendra.

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