• Arthur Baudon Vernet

Merci Tati,

Dernière mise à jour : 9 nov. 2020

(apprécié par Adèle Van Reeth)

Je me promène dans les rues vides et silencieuses.

Le bruit n’est pas là.

L’œil n’est plus distrait par ces masses de têtes sur deux pattes qui courraient marchaient vite, lentement ou à l’arrêt.

Les couleurs de leurs vêtements comme un patchwork, les moins courantes attiraient mon attention.

La beauté d’un visage, l’inattendu d’un enfant, les mouvements d’une silhouette seulement belle, les courbes envoutantes de certaines formes, le charme d’une voix, un échange furtif de regards.

Autant d’aspirateurs d’attention.

Le son ou plutôt bruit sortis trop fort d’un sac à dos.

Les sacs témoins de la frénésie acheteuse des deux mains qui les portent.

Les bribes de mots captés, automatiquement mis bout à bout dans notre tête :

« Le dernier…attention aux…tu as vu……à ta mère...le rouge ou le blanc…casses toi….c’est dingue….ça marche…….a plus.. »

L’odeur du croissant chaud, les effluves d’un restaurant, le bruit des voitures, klaxons, scooter, poubelles, cris d’enfants, terrasses de café.

Ce trop-plein de signaux anesthésiait la finesse de perception de mes sens.

Disparues, évaporées, tous ces éléments de distraction ne sont plus.

Mes yeux se focalisent sur l’architecture, ce paysage urbain, sa beauté ou sa laideur. Je marche dans le réel comme on navigue dans une vue 3D d’un projet urbain, sans personne, sans distraction.

Tel ou tel immeuble, telle ou telle perspective révèle sa justesse, son incongruité, son époque, son originalité, son inutilité, habituellement juste entraperçue. Nos sens submergés, incapable de discernement, noyés dans un flux rapide ou tout se mélangeait tout se valait, seule la vitesse et l’éclat comptait.

Là, les sens sont plus affutés, on voit mieux les détails avec juste quelques photons dans l’obscurité que face au soleil.

On peut percevoir les vides trop remplis. Le silence de la campagne à la ville, en mieux.

Sans le bruit des feuilles dans le vent, des chants d’oiseaux mélodieux ou énervant du coq, assourdissant des criquets, effrayant des frelons, chatouilleux des araignées irritant de la mouche ou de la fourmi sur ma peau.

A la ville, pas d’animaux, pas d’insectes, juste la mouche qui continue de se cogner sur le mur de verre de la vitre persuadée que le monde est meilleur dehors. Ce silence urbain est apaisant.

La vie est là, la vie n’est pas obligatoirement synonyme de bruits, d’agitations de courses, de distractions.

La vie est en nous, elle se nourrit de notre passé, celui vécu par nos ancêtres de notre vécu, constitué d’expériences présentes passées. Les deux, éclairant en permanence d’une lumière, toujours changeante, notre présent tendu vers

son avenir. Encore faut-il le percevoir pour s’inventer un chemin qui n’existait pas.

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