• Arthur Baudon Vernet

Quand Gérard Depardieu chante Barbara

En apesanteur,

une phrase d’une densité pourtant extrême

s’étire comme un nuage allongé par le vent.

Le rapace se déplace avec une économie de gestes

en lisant l’alphabet des courants du ciel.

L’interprète livre ses émotions comme

un exilir précieux,

rare avec discrétion et retenue.

Parfois, on sent la terre,

un encrage au sol avec des racines noueuses

qui ont vécu plusieurs vies.

La sève toujours là,

jamais timide, seulement discrète,

monte vers les organes aériens

et tout repart dans les airs.

La phrase s’étire encore.

On pensait qu’elle avait atteint son maximum.

Pourtant, elle s’allonge encore,

non pour montrer sa performance,

mais pour rendre hommage

aux mots qui la composent,

pour être à la hauteur,

digne de ce texte magnifiquement composé

pour saluer avec une délicatesse inouie

Barbara, la femme qui les a chantés avant lui.

Cette voix d’homme qui s’offre à nous

en dévoilant sa puissance avec délicatesse,

sa fragilité avec force.

Comme un chêne qui se mettrait à danser,

faisant des pointes avec une élégance extravagante.

Un chêne, transcendé par la grâce qui l’a transpercé.

Une chanson suspendue dans un air,

une mélodie adressée à l’infini.

Merci Gérard Depardieu.

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