• Arthur Baudon Vernet

Le discours inaugural.

Le maire prononce le mot « fin »,

puis vingt minutes plus tard le mot « conclusion ».

Il a placé des mots clés dans son discours,

comme un publicitaire délivre des messages,

une marque fait du placement produits.

Le mot « fin » à peine entendu,

a aussitôt aiguillonné le cerveau anesthésié

après une logorrhée inépuisable,

permettant un regain d’attention

pour les instants qui vont le suivre.

Le mot « conclusion » éclaire le cerveau

satisfait de savoir que ce sera bientôt fini,

ouvrant une fenêtre d’attention

devant les mots qui passent

dans les secondes qui suivent.

Durant presque une heure aucun signifiant,

seulement une succession de mots.

Chaque mot pour chaque public.

Aucune pensée , aucune idée novatrice non plus.

La finalité est que chaque personne

dans ce public captif y trouve son compte.

Un mot pour chacun, chacun étant là,

devant le pouvoir espérant tellement

être entendu, compris.

Quand ce mot tant attendu

traversera l’espace qui sépare l’élu de l’administré

l’impact sera tellement puissant

que tous les autres mots entendus

précédemment et par la suite seront indifférent.

C’est pour ça que le discours politique

hypnotise les fanatiques,

endort les sceptiques

converti les autres.

Chacun y a entendu un mot ,

son mot, qui peut lui faire croire

que son point de vue a été entendu,

compris, voire soutenu et peut-être défendu.

Vive Monsieur le Maire, Vive la République, Vive la France.







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